mercredi 17 juin 2009

Plus loin, de Megan Carter. Collection Romance


Comme à mon habitude, à la veille de la sortie officielle d'un nouveau titre, j'ai le plaisir de prendre le clavier pour te le présenter, amie lectrice.
Il s'agit d'abord d'un livre de saison : tu pourras te détendre et penser à autre chose en le lisant paresseusement dans une chaise longue. Ou au coin du feu, plus tard, pour oublier la froidure...
Plus loin nous emmène dans le sud des États-Unis, suivre l'éveil à sa véritable nature (amie lectrice, à toi de deviner laquelle ;-) ) d'une jeune femme entourée d'amis d'enfance inséparables qui s'apprêtait à épouser un jeune homme parfait sous tous rapports.
L'un des charmes de ce livre, outre les rapports amicaux qui s'entremêlent aux rapports amoureux, c'est un couple de femmes qui vivent ensemble depuis de nombreuses années dans leur ranch, et montrent une image du bonheur positive et réaliste à la fois : les jeunes femmes vont apprendre beaucoup de ces grandes amoureuses.
La rencontre intergénérationnelle s'opère à l'occasion d'un développement historique distrayant, autour du fameux vol de l'or des Confédérés, qui va déclencher une fièvre parmi les personnages secondaires et rapprocher la protagoniste des deux propriétaires du ranch.

Le titre et la couverture marquent le fait que l'héroïne doit oser aller au-delà de ses habitudes sentimentales, morales et même professionnelles, alors qu'elle était passivement placée sur des rails sur lesquels elle n'avait pas idée de se poser de question - pas par manque d'intelligence, mais parce qu'elle se sentait bien comme ça... Jusqu'à ce que le vernis craque et que la réalité de son être profond (indépendance d'esprit, homosexualité et détachement à l'égard de l'argent ou de la réussite sociale) se manifeste, suscité par des événements extérieurs. À partir de là, elle devra imprimer une nouvelle orientation à sa vie.
Grâce à un caractère équilibré, mais aussi déterminé, Sara ne tergiversera pas longtemps avec elle-même et son désir, et c'est en cela que réside sa singularité : ses problèmes ne viennent peut-être pas d'elle, amie lectrice...

Celles qui l'ont lu en disent :
« Plus loin est tout simplement un livre charmant. (…) Le déroulement des relations entre Sara, Taylor et James est bien maîtrisé, et les personnages sont sympathiques. Il y a également une intrigue secondaire amusante de chasse au trésor moderne qui met en scène un couple de lesbiennes divertissant, attachant et très fin. En résumé, Plus loin est une agréable histoire sur l’amitié, l’amour, le risque et le refus de renoncer à ses désirs. »
C. Seajay, Books To Watch Out For.

« Carter tisse dans son histoire une intrigue secondaire axée sur un ranch dont les propriétaires sont un vieux couple de lesbiennes, qui représentent un merveilleux exemple d’amour pour les jeunes femmes du roman. » A. Furtado, Justaboutwrite.com.

« Plus loin, de Megan Carter, a tout ce qu’il faut : amour, sexe, action, mystère, humour, décors magnifiques. Chacune trouvera dans ce livre quelque chose qui lui plaira. » Kimiko’s LesFic Reviews.

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mardi 19 mai 2009

Récréation !

Pour te détendre, amie lectrice, quelques minutes de plaisir avec cette vidéo de Bjork, qui rassemble plusieurs de nos fantaisies préférées, avec art et élégance.

lundi 13 avril 2009

Toulouse, la pluie... et Lola Van Guardia !


Le week-end pascal nous a vues mettre le cap sur la ville rose avec autant de fébrilité que la tienne à l'instant de découvrir ton premier oeuf de Pâques. Car si une folle passion pour le chocolat nous habite, nous aussi, cette impatience-là était celle de retrouver une amie de dix ans avec laquelle nous avons vécu de bien belles choses et que nous voyons trop peu... Lola Van Guardia/Isabel Franc (lire billet du 28/07/08 "D'où sors-tu?), de passage en France.
Il y avait longtemps que nous n'avions bu un verre ensemble, et nous avions bien des choses à nous raconter, la vie, les amies, les livres, les modèles alternatifs... Par un jour gris et froid, serrées entre larmes et rires autour de la chaleur des retrouvailles et d'un peu de vin. Nous avons parlé du passé et beaucoup de l'avenir, car l'expérience commune nous a appris à nous concentrer sur des projets excitants.
Et des projets excitants, il y en a plein les têtes, tu peux me croire, amie lectrice.


Merci Isabel Franc.

samedi 4 avril 2009

Merci


À toutes celles qui m'ont témoigné leur soutien récemment, en profitant de nos échanges autour de la sortie de Hancock Park, et m'ont demandé de mes nouvelles après le décès de ma mère*: être entourée par mes proches comme par vous m'aide considérablement à traverser cette épreuve le mieux possible. À vous toutes, amies lectrices, merci.
Je pense à vous et vous prépare un livre plein d'amour avec une fin très heureuse!
Céline

*billet du 11/01/09.

Merci **ChAtNoIr**

Impressions


Si l'éditeur - et en l'occurrence, l'éditrice - se charge de toute la préparation d'un livre pour la publication (lire, corriger, retoucher et retravailler avec l'auteur, assurer la mise en page, l'élaboration de la couverture...), et veille ensuite à sa diffusion, il faut entre l'avant et l'après l'intervention d'un tiers : l'imprimeur. Celui-ci peut se vanter de mettre la dernière touche à l'existence concrète de l'ouvrage. C'est pourquoi il est important, amie lectrice, de bien le choisir et d'établir un dialogue fructueux avec lui.
Nous avons la chance d'être établies non loin (3 bonnes heures de route) de l'un des spécialistes français de l'impression de livres. De sorte qu'à la veille de chaque publication, nous organisons une journée dédiée à l'imprimerie.
Mon goût prononcé pour les machines et la mécanique n'aura pas échappé à ta perspicacité, amie lectrice: autant dire que cette journée est une fête. Après un périple à travers le grand sud-ouest, nous entrons enfin dans le saint des saints, toujours accompagnées de notre chef de fabrication préféré, qui depuis bientôt six ans que nous lui sommes fidèles en connaît un rayon sur la littérature lesbienne internationale: le hangar recevant des machines si grandes que leurs conducteurs tout de bleu vêtus, tels des techno-touaregs, courent d'un bout à l'autre, montent sur leurs différentes zones de pilotage d'un saut, redescendent, repartent, rechargent la couleur à grands seaux qu'ils étalent avec des spatules semblables à celles des pâtissiers.


Nous avons eu lors de notre dernière visite, pour le "calage" de la couverture de Hancock Park, le plaisir de voir à l'oeuvre l'une des plus grosses du parc de notre imprimeur.Les photos qui illustrent ce billet en témoignent. Ces machines portent des noms et des marques qui fleurent bon les Alpes suisses, le grand air et la puissance. Oui, oui. Heidelberg.
Toujours tendues au moment de voir le résultat de ce que nous concevons sur des ordinateurs (l'image rendra-t-elle bien, son éclat sera-t-il restitué, n'avons-nous pas commis une erreur en prenant tel parti plutôt que tel autre, a-t-on fait les bons choix...?), en particulier cette fois où nous allions découvrir l'habillage d'une nouvelle collection, nous scrutons les premières feuilles de carton que la machine crache en rafales. D'abord les encres sont brouillées, sales, mêlées. Il faut avoir la patience d'attendre que les couleurs (les couleurs primaires) se règlent et se fixent conformément aux dosages et aux tons exigés. Enfin, cela commence à prendre forme et je respire. Ça va aller. Ça se présente bien. C'est magnifique.

Nous entrons alors dans une phase de discussion autour des ordinateurs et d'essais avec le conducteur de la presse et le chef: si on poussait le bleu? Pourquoi ne pas baisser les rouges? À combien sont les valeurs de telle couleur? Ne risque-t-on pas d'écraser l'image? Si l'on met l'ombre en valeur, le contraste ne desservira-t-il pas les jaunes? Bref, on règle chaque couleur, on teste en imprimant, jusqu'à obtenir le résultat qui nous paraît le plus beau et le plus conforme au projet esthétique de notre designer.


Le fracas des pistons couvre nos voix, les odeurs de graisse, de couleurs, de fixateurs emplissent l'atmosphère. C'est bon.
L'impression est lancée, les feuilles jaillissent avec une régularité musicale jusqu'à constituer un tas de près d'un mètre de haut.















Nous retraversons en sens inverse les zones de stock de papiers, d'impression, de coupe, d'assemblage, de brochage, de couture, de séchage, d'emballage… échangeant des sourires silencieux avec les différents intervenants de chaque étape, toujours accueillants pour le visiteur curieux, heureux d'échanger autour d'un métier toujours en évolution, à la pointe de la technologie et pourtant vieux de près de six siècles.


2, 3, 4, 5 © DLE. 1-Merci à thequickbrownfoxjumpsover...

lundi 2 mars 2009

Hancock Park, de Katherine V. Forrest


Si tu aimes les romans policiers, amie lectrice, tu connais sans doute Kate Delafield, de la police de Los Angeles. Elle officie sous la plume de la grande Katherine V. Forrest, sous la forme de huit volumes (à ce jour) d'enquêtes à la fois extrêmement précises et bien documentées, réalistes et d'une efficacité folle, et qui abordent en même temps des questions qui nous touchent. Quelques-unes de ces enquêtes ont été publiées en français il y a quelques années de cela chez notre confrère H&O (Meurtre au Nightwood Bar, On écrase bien les cafards, Meurtre par tradition).
Nous avons aujourd'hui la joie, amie lectrice, de te proposer la toute dernière enquête de Kate Delafield, Hancock Park.
Hancock Park bénéficie d'une construction redoutablement intelligente, où chaque détail compte, où les personnages sont denses, où l'héroïne est une femme humaine, aussi extraordinaire que peut l'être une femme ordinaire - un tour de force! Des scènes de procès alternent avec le suivi d'une enquête minutieuse et les tranches de vie d'une Kate sur le fil.
Pourquoi la plus récente, et pas celle qui suit la dernière traduite en français?
Pour plusieurs raisons :
La première, c'est que ce roman est excellent. Et pour les lecteurs qui ne connaissent pas la série, Forrest est à l'apogée de son art, il s'agit donc d'une très bonne façon de faire connaissance avec elle.
La deuxième, c'est que le thème d'arrière-plan que Forrest aborde ici nous tient à coeur.
La troisième, c'est que lire Hancock Park sans avoir lu les précédents ne pose aucun problème de compréhension pour tout ce qui est en rapport avec la vie personnelle de la protagoniste.


Photo LAPD Museum.

Du noir dans l'engrenage...


CAMBOUIS, la nouvelle collection de littérature policière des Éditions Dans L'Engrenage, voit le jour le 16 mars 2009 avec la publication de son premier titre, et pas n'importe lequel :
Katherine V. Forrest soi-même, avec sa célèbre et remarquable détective Kate Delafield, du L.A.P.D.
Nouvelle collection, nouvel habillage... Découvre ici, amie lectrice, à quoi ressembleront les "noirs" Dans L'Engrenage. J'espère qu'ils sauront te faire passer des moments... intenses.

jeudi 5 février 2009

Valentine et les mots d'amour


À destination exclusive des filles et femmes qui aiment les filles et femmes qui aiment lire, les Éditions Dans L'Engrenage relèvent leurs manches et mettent les mains dans le moteur pour ajuster un mécanisme ad hoc : une lettre d'amour...
Alors amie lectrice, si tu veux surprendre ta chère et tendre en lui offrant un livre qui va la transporter (catalogue ici ), nous te proposons d'y ajouter une lettre d'amour qui achèvera de te l'attacher jusqu'à la fin des temps.
Comment ?
Lors de ta commande, envoie un mail à danslengrenage @ yahoo.fr en précisant le nom de ta bien-aimée, et quelques détails que tu souhaites voir apparaître dans la lettre afin de la personnaliser (ce que tu veux). Tu souhaites qu'elle ait des accents érotiques ? Romantiques ? Poétiques ? Il n'y a qu'à demander !
Ta chère et tendre recevra son livre et une lettre d'amour de ta part, pour être assurée de connaître la plus belle des Ste Valentine.
Bonne fête à toutes !

Photo © DLE 2009.

mercredi 21 janvier 2009

Quatre minutes de beauté

Vu par hasard, et je ne le regrette pas, le film Quatre minutes, une oeuvre allemande de Chris Kraus, avec les magnifiques actrices Monica Bleibtreu et Hanna Herzsprung. Si tu ne l'as pas vu, n'hésite pas, amie lectrice !

jeudi 15 janvier 2009

Cartes de vœux

Comme toi sans doute, amie lectrice, je reçois en ce moment pas mal de cartes de vœux... Et j'ai décidé de t'en faire profiter. En voici quelques-unes ci-après. Enjoy.






François, de

WarzalaWorks, design, communication et illustration










SyVie, de

Sortir entre filles, site communautaire lesbien.










Pierre et Martial, de

Homo-libris, site de l'homosexualité dans la littérature.

dimanche 11 janvier 2009

Une vie


Le blog a ceci de particulier qu'il peut parfois prendre une tournure un peu plus personnelle que d'autres supports d'expression, et c'est bien pour cela que la mécanicienne a souhaité t'en proposer un, amie lectrice, pour te donner l'occasion de faire un peu mieux connaissance avec elle. C'est ce que je me proposais en commençant (cf billet "Inauguration" de mars 2008 http://leblogdeleditrice.blogspot.com/2008/03/inauguration.html ).
Depuis quelques mois (18 pour être exacte), les publications des Éditions Dans L'Engrenage ont manqué de régularité et, surtout, se sont parfois faites hors délais... Mea culpa, mea maxima culpa, amie lectrice.
La mécanicienne n'étant pas du genre à faire passer sa vie privée après son travail, elle a pris la liberté de passer tout le temps possible auprès de sa mère, durement touchée par la maladie. Elle a bien fait car le 02 janvier, sa maman s'est éteinte.
Ne me plains pas, amie lectrice, j'ai eu une mère véritablement extraordinaire (qui, je te le signale en passant, est à l'origine de cette maison d'édition, qu'elle a contribué à lancer). Il faut que tu saches qu'il existe des parents pour lesquels l'homosexualité n'a rien de problématique, et qui font passer le bonheur de leurs enfants avant toute autre considération.
Alors pour faire honneur à cette mère dont je suis si fière, je t'annonce une année 2009 riche en publications et en bonheurs de toutes sortes... Je suis au travail.
À très bientôt.

jeudi 1 janvier 2009

New Year's Eve


Amie lectrice, nous te souhaitons le meilleur pour la nouvelle année, des émotions, des sensations, des découvertes et des expertes, page deux ou page soixante-neuf... Une romanesque année 2009.

dimanche 21 décembre 2008

"Ltoutes, l'actu lesbienne pour toutes les femmes" interroge la mécanicienne...



Une fois n'est pas coutume, on m'a demandé de répondre à quelques questions, à l'occasion de la triste disparition de nos consoeurs des Éditions de La Cerisaie, qui, comme tu le sais sans doute, amie lectrice, cessent leur activité. Dommage que ce soit des circonstances pareilles qui nous amènent à discuter de l'édition lesbienne française, mais en somme, cela permet tout de même de faire un point et, peut-être, d'aborder des sujets qui t'intéressent au premier chef, amie lectrice.

Tu peux lire cet échange sur l'intéressant blog Ltoutes : http://ltoutes.blogspot.com/2008/12/pour-faire-de-largent-on-ne-se-tourne.html

Je reproduis ci-après l'intégralité de mes réponses, au cas où tu souhaiterais avoir tous les détails...


Q. Est-il toujours aussi difficile de vendre des livres aux lesbiennes (et surtout d'en vivre)? Parce que j'ai constaté en fait un dynamisme certain du secteur, avec la multiplication depuis dix ans des maisons d'édition lesbiennes en France, dont la vôtre fait partie.


R. L'édition homo présente à la fois des aspects communs avec l'édition généraliste, mais elle s'en démarque simultanément de manière très nette. Pour travailler à cheval sur les deux, je me rends compte que nous n'obéissons pas aux mêmes impératifs. Nous sommes plus proches des dizaines de petits éditeurs indépendants, bien sûr, car nous rencontrons des exigences et des difficultés du même ordre. En commun nous avons par exemple la particularité d’en vivre rarement (les Éditions Dans L’Engrenage ne salarient personne, tous les intervenants, y compris moi-même, avons des activités annexes pour gagner notre vie) et les bénéfices de la vente d’un livre servent à publier le suivant, la plupart du temps, parce que nous faisons appel à des professionnels (couvertures, corrections, traductions, etc., que nous publions de la littérature étrangère, ce qui coûte évidemment bien plus cher, et que nous soignons la fabrication –qualité de la façon, choix du papier, vernis sélectifs…– tout en resserrant les prix –un titre comme Cara et moi, le dernier que nous avons publié, est vendu au prix de 18 euros, alors que chez un gros éditeur, il serait proposé au public autour de 22 euros.)

Effectivement, depuis dix ans, le nombre de maisons d'édition lesbiennes a sensiblement augmenté, ce qui n'est pas une chose si surprenante, étant donné que nous étions, en France, passablement en retard. On en compte à l'heure actuelle moins d'une dizaine (je ne tiens évidemment pas compte de l'auto-édition ou de l'édition à compte d'auteur). C’est une bonne chose, parce que l’édition est une activité liée à la personnalité de l’éditeur, c’est très subjectif à partir du moment où il s’agit de choix personnels. Donc, plus il y a d’éditrices, plus il y a de choix. Et puis cela permet de faire découvrir la littérature lesbienne et d’habituer les lectrices à savoir que lorsqu’elles ont envie de lire un livre lesbien, elles peuvent se tourner vers les spécialistes du domaine.


Q; Quelle est évolution de vos ventes depuis votre création: est-ce que le marché progresse plutôt, est-ce que les lesbiennes "achètent lesbien" de plus en plus ou pas? A combien évaluez-vous le nombre d'ouvrages lesbiens publiés en France chaque année?


R. Nous existons depuis cinq ans et, naturellement, nous sommes mieux implantées aujourd'hui qu'au début de notre activité. Cela signifie que lorsque nous sortons un titre, nos lectrices nous font la confiance d'avoir envie de le lire dès parution. Il n'en reste pas moins que le fonds continue d'exister à long terme, et que le nombre de nos lectrices est croissant.

Je ne saurais dire si le marché progresse, puisque l'étendue du catalogue joue aussi son rôle. Une maison à la tête de cinq titres et une maison avec 50 titres, c'est différent. Donc, tout cela évolue constamment. Difficile d'évaluer le nombre de titres lesbiens publiés en France chaque année. Si l'on considère ceux issus des maisons spécialisées, cela doit tourner autour d'une quinzaine. Au-delà, ils doivent se compter sur les doigts d'une ou deux mains, maximum.

Pour nous, l’enjeu est de vaincre l’espèce de mépris/méfiance spontanés chez beaucoup de gens lorsqu’on se revendique comme « maison d’édition lesbienne »… Il n’y a pas de culture communautaire en France, contrairement à l’Espagne, aux pays anglo-saxons, nordiques, etc.

D’autre part, sur le plan culturel, l’émergence d’une meilleure offre de DVD lesbiens (films, séries, etc.) a certainement une incidence sur les habitudes des lesbiennes qui, selon de nombreuses études, sont en général des femmes qui n’ont pas un pouvoir d’achat élevé, et il leur faut choisir entre livres et DVD.


Q. Est-ce que les maisons d'édition "hétéros" s'intéressent au marché, quitte à vous concurrencer?

R. On se doute bien que si le marché lesbien était rentable, les multinationales de l'édition le sauraient, nous aurions de la concurrence du côté des grosses maisons généralistes, et nos amies et consœurs de La Cerisaie verraient leur avenir plus sereinement. Comme je le disais précédemment, la population lesbienne n’est pas, d’un point de vue économique, une cible intéressante pour les gens qui veulent faire du business, contrairement à certaines craintes exprimées parfois par les homos. Si l’on veut faire de l’argent, on ne se tourne pas vers ce public, c’est une évidence. S'il arrive de voir ce genre de publications chez les généralistes, c'est plus un choix ponctuel qui relève de critères autres que politiques. Nous avons par exemple à notre catalogue un roman merveilleux, Cara et moi, écrit par celle qui est aujourd'hui considérée par les spécialistes comme l'une des dix plus grandes romancières contemporaines d'Irlande, Emma Donoghue. Eh bien pas un de ces éditeurs généralistes n'a voulu la publier, manquant ainsi de grands livres. Sans doute parce qu'elle écrit trop « lesbien », et qu'elle n'a pas peur de continuer à publier chez des maisons d'édition lesbiennes anglo-saxonnes, parallèlement à ses gros éditeurs conventionnels. Sarah Waters est l'exception, mais je pense que c'est le succès commercial qu'elle a rencontré en Angleterre qui a motivé ses éditeurs français, et leur a permis de voir qu'il y avait là une grande écrivaine. Je suis donc persuadée que nous avons un rôle particulier, et que nous acceptons de prendre des risques qui n'intéressent pas les éditeurs généralistes, les débouchés en terme de public étant vraiment trop limités.

Q. Qu'est-ce qui marche le plus auprès des lesbiennes? Les romans? Est-ce qu'il y a une spécificité du marché lesbien de l'édition?

Deux choses: à la fois les lesbiennes sont des lectrices normales, donc leurs préférences en terme de genre ressemblent de près à celles de toutes les autres lectrices ; à cette nuance près qu'elles sont encore plus consommatrices de littératures populaires (roman sentimental et polar). Ce qui n'a rien de surprenant en termes sociopolitiques, d'ailleurs.


Q. Quelles sont vos principales difficultés? La distribution?

R. J'ai là-dessus une posture très personnelle qui n'est pas toujours comprise, car on veut appliquer à l'édition indépendante « de niche » les recettes de l'édition « mainstream » des grandes entreprises. Or nous n'avons pas grand-chose de commun: le fossé qui nous en sépare est aussi grand que celui qui sépare un plat cuisiné industriel et un mets préparé par un chef. Ça n’est tout simplement pas la même chose, les deux coexistent, cela dit sans jugemet de valeur, puisque les deux ont un intérêt pour le consommateur.

La diffusion et la distribution en sont un exemple. D'abord, il ne faut pas négliger l'Internet, qui devient un moyen simple et direct de se rendre disponible à toutes les lectrices. Le distributeur devient un peu obsolète. Ensuite, il y a peu de libraires qui prennent le risque de nous réserver une place dans leurs rayons ou sur leurs tables. Notre choix est de ne travailler (une aberration marketing que nous assumons sereinement!) qu'avec les libraires prêts à recevoir nos livres, c'est-à-dire à les proposer à leurs clientes. Nous sommes disponibles sur commande partout, mais présentes en stock uniquement dans des points de vente triés sur le volet. Le contraire d'un bon plan marketing ;-)

Nous avons surtout le respect des libraires spécialisés, qui sont nos meilleurs interlocuteurs et se battent au quotidien pour défendre cette spécificité, un gros risque financier pour eux. Nous préférons placer nos livres chez eux que chez des libraires dubitatifs. C'est aussi pour cela que, lorsqu'ils sont présents dans un festival ou un salon, nous n'y apparaissons pas individuellement, soucieuses de ne pas nous placer en concurrence avec eux.


Q. Que pensez-vous de la réputation qui colle souvent à la peau de la littérature lesbienne de romans "à l'eau de rose"? C'est dépassé ou est-ce que cela correspond à la demande, tout simplement?


R. Nous pratiquons une politique de collections: nous partons du principe qu'il faut qu'une lectrice sache ce qu'elle achète lorsqu'elle fait cet effort, et donc qu'elle voie où elle va. Nous publions des romans et des nouvelles qui intéressent les amatrices de littérature pure (couvertures blanches) et, parallèlement, nous lançons une collection de romans policiers d'ici peu (couvertures noires), nous avons des bandes dessinées, bref nous reflétons le fait que les artistes lesbiennes s’expriment dans tous les domaines. Nous avons choisi depuis trois ans de dédier une collection clairement identifiable (couvertures roses) aux romans d'amour qui se revendiquent comme tels et répondent au canon.

Je suis toujours amusée par le fait que la littérature « à l'eau de rose » ait mauvaise réputation. C'est un peu court. Historiquement, la littérature lesbienne est née avec la littérature rose, c'est ainsi qu'elle s'est développée (et qu'elle continue de le faire). Car les lesbiennes ont enfin eu, grâce à ces livres, du rêve ; elles ont pu enfin rêver leur vie, au sens où les autres femmes (et hommes) rêvent la leur. Un rêve de bonheur que je trouve dommage de regarder avec condescendance, d’un point de vue esthétique comme d’un point de vue scientifique.

Et puis, aujourd'hui, il y a bien sûr des lesbiennes privilégiées qui vivent dans des lieux ou fréquentent des milieux qui leur permettent de s'épanouir en tant qu'homosexuelles, d'avoir des moments où elles appartiennent à une norme. Mais pour beaucoup d'autres, la littérature sentimentale comble encore un besoin d'identification et les aide. Je reçois beaucoup de courrier en ce sens.
Enfin, la littérature rose, comme le roman policier, a des racines politiques. C'est une paralittérature. À cet égard, elle est révolutionnaire. Personnellement, je lis toute sorte de livres, plus ou moins « faciles », et je peux passer de Jeanette Winterson ou Djuna Barnes à Katherine V. Forrest ou Gerri Hill sans problème. Je n’y trouve pas la même chose, voilà tout. Bizarre de mettre en concurrence des genres… Nous sommes nombreuses dans ce cas. Il ne faut pas négliger le fait qu'il existe une bonne littérature rose, comme il y a une bonne littérature noire, ou une bonne littérature de science fiction.

mardi 18 novembre 2008

Récréation again

Complètement débordée en ce moment (d'où mon absence sur ce blog), je te prie, amie lectrice, de ne pas désespérer: nous travaillons tous d'arrache-pied sur le prochain titre, qui inaugurera la collection de polars des Éditions Dans L'Engrenage. Je ne veux tout de même pas manquer de te faire profiter d'une vidéo irrésistible de Patricia & Colette, deux artistes que tu connais peut-être déjà. Sinon, amie lectrice, tu verras que leur travail ne manque ni de talent, ni de sel, ni d'intelligence. Et gagne à être connu.

lundi 6 octobre 2008

À l'arrivée...


C'est la première fois que j'ai la joie de voir le paquet que nous avons envoyé arriver à destination (au-delà des mers), dans un nouveau cadre... et de nouveaux enthousiasmes (introducing Samba & Tango). C'est très encourageant et agréable. Merci, amie lectrice, de m'en faire profiter en prenant la peine de faire une photo.

vendredi 26 septembre 2008

On n'arrête pas le progrès


Au fait, j'en profite pour signaler que, cédant aux pressions nombreuses et appuyées, les Éditions Dans L'Engrenage sont visibles sur Facebook, pour celles qui en sont...
À bientôt de t'y croiser, amie lectrice :
http://www.new.facebook.com/pages/Editions-Dans-LEngrenage/

Patience et Sarah, Isabel Miller


C'est un livre particulier à bien des égards. D'abord, parce qu'il a été autopublié en 1971 à New York et diffusé de la main à la main, dans des associations de femmes (par exemple les Daughters of Bilitis, voir billet précédent sur Del Martin intitulé In Memoriam), avant qu'un éditeur s'y intéresse. Il est devenu ensuite au cours des années un succès international, en tant que l'un des premiers romans dont le sujet soit explicitement l'homosexualité féminine et/mais présentée de manière positive. Aujourd'hui, cela paraît moins important, mais il faut encore une fois se replacer dans un contexte où les rares évocations d'amours sapphiques finissaient au mieux dans le chagrin et les larmes, au pire dans le sang et la damnation éternelle.
C'est également l'histoire romancée de deux amantes ayant réellement existé, au début du XIXe siècle en Amérique du Nord et, de ce point de vue, une curiosité en soi: avait-on jamais imaginé des pionnières de la conquête de l'Ouest en couple, en train de se construire un lit (qu'elles ne tarderont pas à casser gaiement dans de manifestement très heureuses circonstances)?
Histoire d'amour reconstituée par Alma Routsong (sous le pseudonyme de Isabel Miller), une américaine divorcée, elle-même tombée amoureuse d'une coparoissienne. Visitant un jour un musée d'art populaire, elles découvrent des peintures exposées au-dessus d'un pannonceau présentant l'auteure comme ayant vécu de son art avec sa compagne fermière, à laquelle elle était "liée par un attachement sentimental".
L'histoire d'amour de Patience et Sarah s'est perpétuée ainsi, de femmes en femmes, d'écho d'histoires d'amour et de couple, jusqu'à devenir un opéra, et à être traduite un peu partout.
Une première traduction française était parue dans les années 1970 chez Grasset (rien de moins!), entreprise par un écrivain un peu prude (à moins que cela n'ait été l'éditeur...) qui montrait nos deux protagonistes rougissantes quand elles étaient humides en V.O., qui "oubliait" les évocations sensuelles, etc.
D'où l'intérêt de notre nouvelle traduction, intégrale et conforme au travail de l'auteure, particulièrement sur la relation sentimentale et les allusions érotiques, ainsi que sur l'aspect de reconstitution d'une époque, de ses moeurs. Il fallait aussi, à notre sens, rendre l'épaisseur des personnages, puisqu'elles sont issues de deux milieux sociaux très différents, l'une sait écrire et lire, l'autre non, elles ne parlent pas de la même manière, n'appréhendent pas le monde avec les mêmes yeux. Bref, elles sont réunies essentiellement par la force de leur amour et ce qu'il leur donne le courage de faire ensemble.
Au-delà de cela, on peut aussi y voir une très belle et très contemporaine expression de l'identité de genre assumée, à travers le personnage de Sarah, flamboyante de liberté intérieure et de détemination.
Je sais aussi que ce livre a été très important pour toute la génération de femmes qui nous a précédées (la mécanicienne est née la même année que ce livre!), comme je l'écrivais plus haut, puisqu'enfin deux femmes s'y aiment ouvertement et avec bonheur; le sachant épuisé depuis des années en français, nous avons été heureuses de contribuer à rendre disponible une pièce maîtresse de l'histoire de la littérature lesbienne.
Enfin, l'auteure étant décédée dans les années 1990, j'ai eu avec Elizabeth, sa compagne de l'époque de l'écriture de Patience et Sarah, des rapports chaleureux et enrichissants, et j'ai éprouvé une grande émotion à prendre ce trésor de la main de cette délicieuse vieille dame pour te le tendre et le mettre dans ta main, amie lectrice.

samedi 20 septembre 2008

In memoriam

Une pensée pour une femme étonnante: Del Martin, née en 1921 et décédée fin août. Cette américaine a très tôt milité pour la cause lesbienne, en créant avec sa compagne Phyllis Lyon et d'autres en 1956 une association, les Daughters of Bilitis, destinée à soutenir les homosexuelles - pas une mince affaire, si tu te remets dans le contexte de l'époque aux États-Unis... Et elle a vécu une vie d'engagement exemplaire, jusqu'au bout, puisqu'elle a défendu le droit au mariage civil en Californie jusqu'à pouvoir épouser légalement (et en grande pompe) le 16 juin 2008 l'amour de sa vie, Phyllis, avec laquelle elle a partagé sa vie pendant 55 ans. C'est aussi à elle que je pense en ce moment. Je te souhaite, amie lectrice, et je nous souhaite une vie aussi bien remplie que celle de Del Martin.
(Dans la video qui suit, Del est dans le fauteuil roulant, et Phyllis le manoeuvre).

dimanche 24 août 2008

Récréation 3


Je te souhaite, amie lectrice, un aussi doux dimanche que possible.
(Quant à Séverine, elle ne pourra plus dire qu'elle ne connaît pas Ani Difranco!)



Découvrez Ani DiFranco!











(extrait:)
Dimanche matin

De lents battements fourmillent
Par les grilles
Des fenêtres ouvertes
Des œufs cuisent
Des jambes tremblent
D’être restées si longtemps
couchées
Dimanche matin
Nous lisons toutes les deux
En levant les yeux de temps en temps
Levant les yeux de temps en temps

Dimanche matin
Tu es occupée de ton côté
Et moi du mien
Les mots prononcés
Plutôt une formalité
Car nous ressentons que
Nous sommes en phase
Dimanche matin
Des draps encore chauds
Des chatons se pressent
Autour de nos pieds
La vie coule tranquillement
Ta douce compagnie
La rend parfaite

Musique et paroles Ani Difranco.

Merci Suzan Alsner.

dimanche 10 août 2008

Contes de fées



Nous avons créé en 2005 une collection de romans d’amour. Je vois parfois, ou j’entends, des personnes qui, ayant en main l’un des titres de cette collection (intitulée Romance, enveloppée de rose bonbon, avec des titres romantiques), s’écrient, “Ah, le résumé au dos du livre me donne envie de le lire, mais j’espère-que-ça-ne-sera-pas-trop-rose”. J’ai toujours envie de répondre : “Si tu n’aimes pas le rose, n’achète surtout pas de livre rose.”
Les romans à l’eau de rose souffrent d’une réputation (et j’emploie à dessein le terme de réputation) détestable. Ils sont méprisés, tournés en dérision ou placés dans les derniers sous-sols de la littérature. Or à mon très humble avis, la bêtise n’est pas là où on le croit. Le roman rose est, comme souvent les littératures populaires, un genre codifié. Très codifié, même, point commun à ce qu’on appelle les paralittératures (en France). Cela signifie qu’il obéit à une conception, une grille, du début à la fin, relevant de règles précises. L’intérêt étant évidemment de suivre ces règles, parfois de les renouveler, et surtout de les transgresser.
Ce que les dénigreurs du roman sentimental oublient souvent, les pauvres, c’est le lecteur et son rapport avec ce type de livres. Les couvertures romantiques, les titres suaves, l’habillage des couvertures, le nom des collections, les arguments développés par le récit et présentés en résumé, tout est cohérent, et c’est amusant de constater qu’on puisse en être dupe, croire que cela n’est pas fait exprès pour être reconnaissable. Donc, si l’on choisit un livre dont le titre évoque la passion sensuelle, l’amour infini, le rêve ou la princesse charmante, l’ivresse des sens etc., que la couverture présente des couleurs chaudes bouillantes, avec des baisers langoureux, des décors de rêve… on sait ce qu’il y a dedans. Une complicité tacite et réciproque s’établit entre le lecteur et l’auteur. Le lecteur de romans codifiés recherche précisément cela, le rapport avec ce code, le fait qu’il le connaisse, qu’il soit capable de le décrypter, la lisibilité de l’ensemble… (En d’autres termes, il aime savoir le lire, comme un enfant qui vient d’apprendre à lire éprouve un plaisir très particulier à ouvrir un livre à présent qu’il est sûr de savoir le lire). Il en attend ensuite variantes et dévoiements, car dans cette configuration-là, il est complètement libéré et peut jouir des personnages, parce qu’il les domine, peut les comprendre en un clin d’œil, s’identifier et mettre en branle son imagination. Son cerveau.
Si certaines littératures populaires ont réussi, ces dernières années, à sortir de la déconsidération, tels le domaine policier ou la science fiction, ce n’est pas encore le cas du roman d’amour. Pourtant, au-delà de sa précieuse vertu d’évasion et des développements imaginaires, il présente de plus en plus une dimension politique que je m’étonne de ne pas voir plus souvent soulignée. Dans le genre en général, où historiquement, les femmes ont le premier rôle, il a parfois précédé et annoncé la réalité de l’évolution de la place des femmes dans la société : les personnages féminins ont gagné en indépendance par rapport aux hommes, à la famille, au statut social et professionnel. Et sont passés de la passivité à l’action, voire au pouvoir. Leur sexualité s’ouvre et se libère, gagne en audace.
Et pour le cas des romans d’amour lesbiens, il faut reconnaître plusieurs faits essentiels. D’abord, c’est largement le terreau sur lequel une grande partie du mouvement littéraire lesbien a pu prendre racine, car il s’agissait à la fois de se réapproprier des stéréotypes amoureux hétérosexuels, mais aussi de les réinvestir et de les réinventer.
Ensuite, parce que l’écriture des scènes érotiques est un enjeu en soi et appartient presque dès sa naissance à la problématique du roman rose lesbien, à la différence du modèle hétérosexuel. Une originalité qui ouvre des horizons à la réflexion, non?
Enfin, puisque les littératures populaires, comme leur nom l’indique, s’adressent aux masses... La littérature lesbienne a pu toucher un public plus vaste, elle s’est démocratisée, avec tout ce que cela comporte : la visibilité, le bien-être psychologique pour certaines (ça compte, quand même, non ?), l’affirmation d’une vie normale (à travers le paradoxe de la “vie de rêve”), la venue à la lecture d’une catégorie de lectrices qui ne trouvaient pas de quoi leur en donner le goût…
Comme beaucoup de gens (des femmes, des hommes, des manuelles, des intellectuelles, le responsable de la chaîne de fabrication, Nathalie Sarraute et toi, amie lectrice), nous aimons de temps en temps ouvrir un bon roman sentimental en savourant à l’avance la fin heureuse qui nous attend, avec des femmes qui se découvrent, se séduisent et finissent par s’aimer… comme si c’était simple.

Merci Beth.